Victor Hugo (1802-1885 )
Rendant hommage à la personnalité de Mohammed(saws) dans son poème intitulé "La Légende des siècles", on peut lire:
"...Si des hommes venaient le consulter, ce juge
Laissait l'un affirmer, l'autre rire et nier,
Ecoutait en silence et parlait le dernier.
Sa bouche était toujours entrain d'une prière;
Il mangeait peu, serrant sur son ventre une pierre;
Il s'occupait lui-même à traire ses brebis;
Il s'asseyait à terre et cousait ses habits.
Il jeûnait plus longtemps qu'autrui les jours de jeûne,
Quoiqu'il perdit sa force et qu'il ne fût plus jeune".
Il ajouta plus loin:
"Il semblait regarder quelque vision triste,
Et songeait; tout à coup, pensif, il dit: "Voilà,
Vous tous, je suis un mot dans la bouche d'Allah;
Je suis cendre comme homme et feu comme prophète.
J'ai complété d'Issa la lumière imparfaite.
Je suis la force, enfants; Jésus fut la douceur.
Le soleil a toujours l'aube pour précurseur".
Il dit plus loin:
"Mais les hommes surtout on fait saigner ma vie;
Ils ont jeté sur moi leur haine et leur envie,
Et, comme je sentais en moi la vérité,
Je les ai combattus, mais sans être irrité,
Et, pendant le combat je criais: "Laissez faire!
Je suis seul, nu, sanglotant, blessé; je le préfère.
Qu'ils frappent sur moi tous! Que tout leur soit permis!
Quand même, se ruant sur moi, mes ennemis
Auraient, pour m'attaquer dans cette voie étroite,
Le soleil à leur gauche et la lune à leur droite,
Ils ne me feraient point reculer!"
Victor Hugo